Diagnostic et nouveaux traitements dans l’endométriose
En France, une femme sur dix en âge de procréer présente une endométriose, mais l’année 2026 marque un tournant historique et porteur d’un immense espoir pour notre santé.
L’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer en France, avec un délai moyen de diagnostic de 7 ans.
Importantes douleurs pendant les règles, douleurs profondes pendant les rapports sexuels, troubles urinaires et douleurs à la défécation, douleurs pelviennes… Ces symptômes peuvent évoquer l’endométriose, une maladie inflammatoire chronique.
Grâce à l’arrivée de nouveaux diagnostics et de thérapies innovantes non invasives, la prise en charge médicale se transforme radicalement.
Les causes de l’endométriose
Les causes exactes de l’endométriose restent inconnues. Les médecins pensent qu’il s’agit d’une maladie complexe et multifactorielle. Plusieurs hypothèses et facteurs favorisants expliquent son apparition et son développement dans l’organisme.
L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire et chronique fréquente qui touche près de 10 % des femmes en âge d’avoir des enfants. Elle se caractérise par la présence, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus (appelée endomètre). Elle évolue de la puberté à la ménopause.
Les lésions d’endométriose présentent les mêmes caractéristiques que la muqueuse utérine. Elles sont donc sensibles aux hormones ovariennes (œstrogènes) et à chaque cycle menstruel, elles se développent et saignent. C’est pourquoi on qualifie l’endométriose de maladie œstrogèno-dépendante. L’endométriose se manifeste ainsi chez les femmes en âge de procréer (c’est-à-dire en période d’activité génitale), parfois dès la puberté et les premières règles. C’est une maladie chronique qui régresse à la ménopause.
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La localisation des lésions d’endométriose
Les lésions d’endométriose sont localisées différemment d’une femme à l’autre. Plusieurs organes peuvent être atteints chez une même femme.
Les douleurs ressenties ne sont pas corrélées au nombre de lésions : une femme peut n’avoir que très peu de lésions et avoir très mal et inversement, des lésions plus étendues peuvent être responsables d’une gêne nulle ou modérée.
Le plus souvent, les organes concernés par les lésions sont :
Les ovaires : endométriomes ou kystes endométriosiques ; l’utérus : adénomyose ; les trompes utérines ; les ligaments utérins ; la paroi du vagin ; les organes digestifs et essentiellement la paroi du rectum et la jonction entre rectum et sigmoïde.
Plus rarement, les lésions d’endométriose se trouvent au niveau :
Du côlon ou de l’intestin grêle ; du col de l’utérus, du vagin ou de la vulve ; de la paroi abdominale interne (vers l’ombilic, le creux de l’aine ou dans une zone présentant des cicatrices) ; de la vessie et des uretères (conduits reliant les reins à la vessie) ; des lésions d’endométriose peuvent exceptionnellement même apparaître sur des organes à distance de la cavité abdomino-pelvienne (ex. : plèvre, poumons).

Les facteurs favorisant l’apparition d’une endométriose
L’endométriose se développe en présence de plusieurs facteurs concomitants (on dit qu’elle est multifactorielle). Selon les chercheurs, elle surviendrait principalement durant les règles, parce que des fragments d’endomètre remontent dans le pelvis en passant par les trompes de Fallope (menstruations rétrogrades). Ces morceaux de muqueuse se fixeraient alors en dehors de la cavité utérine, sur le péritoine ou les organes. Cependant, beaucoup de femmes présentent des saignements rétrogrades sans développer d’endométriose.
D’autres éléments favorisants ont été identifiés :
Des problèmes mécaniques qui peuvent obstruer l’appareil génital et favoriser les menstruations rétrogrades (ex. : anomalies du col utérin) ; une prédisposition génétique (risque familial de développer la maladie) ; une réponse immunitaire et inflammatoire inadéquate de l’organisme, entraînant le développement des lésions ; une exposition aux perturbateurs endocriniens, des polluants environnementaux qui interagissent avec le système hormonal ; le risque d’avoir une endométriose est augmenté en cas d’un faible Indice de masse corporelle ou un petit poids de naissance ; les patientes avec des cycles menstruels courts et des règles abondantes.
Les principales théories
La théorie de la menstruation rétrograde
Proposée par le Dr Sampson dans les années 1920, reste l’hypothèse la plus documentée et la plus citée pour expliquer l’endométriose. Pendant les règles, le sang menstruel contenant des cellules endométriales s’écoule normalement vers l’extérieur par le vagin. Mais chez certaines femmes, une partie de ce sang remonterait par les trompes de Fallope pour se déposer dans la cavité abdominale (cavité pelvienne).
Ces cellules endométriales pourraient alors :
S’implanter sur les organes pelviens (ovaires, trompes, péritoine) ; continuer à réagir aux hormones du cycle menstruel ; créer une inflammation et former des lésions.
Cette théorie est appuyée par le fait que les lésions d’endométriose sont plus fréquentes dans les zones proches des trompes (ovaires, ligaments utérins, cul-de-sac de Douglas).
Ce qui explique bien :
La localisation fréquente des lésions dans le bassin ; le fait que l’endométriose soit une maladie de la période reproductive ; l’amélioration possible des symptômes sous traitement hormonal bloquant les règles,
Ce qu’elle n’explique pas :
Pourquoi certaines femmes développent une endométriose et d’autres non, alors que le reflux menstruel semble très fréquent ; les cas d’endométriose chez des femmes qui n’ont jamais eu de règles (aménorrhée primaire) ; les cas d’endométriose dans des localisations éloignées (poumons, cerveau) ; les cas d’endométriose chez les femmes qui ont eu une salpingectomie bilatérale.
· Origine embryonnaire et métaplasie : autres pistes
D’autres théories tentent d’expliquer les cas que la menstruation rétrograde ne couvre pas, notamment les localisations inhabituelles de l’endométriose.
Cette théorie propose que l’endométriose pourrait avoir une origine précoce, dès le développement embryonnaire. Des cellules qui devaient former l’endomètre se seraient retrouvées à des emplacements anormaux pendant la formation des organes reproducteurs, et resteraient « dormantes » jusqu’à la puberté, quand les hormones les activeraient.
Cette hypothèse pourrait expliquer :
Les cas d’endométriose chez de très jeunes femmes ; certaines localisations inhabituelles ;
les rares cas chez les personnes sans utérus.
Toutefois, cette théorie reste difficile à prouver car il faudrait suivre des individus depuis la naissance, ce qui n’est pas faisable d’un point de vue éthique et pratique.
· Rôle de l’inflammation et du système immunitaire
Quel que soit le mécanisme initial, l’inflammation et le système immunitaire jouent un rôle central dans le développement et la persistance de l’endométriose.
La présence de tissu endométrial hors de l’utérus déclenche une réaction inflammatoire chronique dans la cavité pelvienne. Cette inflammation :
Libère des substances pro-inflammatoires (cytokines, prostaglandines) ; stimule les terminaisons nerveuses, provoquant douleurs ; favorise la formation d’adhérences et de tissu cicatriciel ; peut sensibiliser le système nerveux (douleur chronique)
Cette inflammation chronique explique en partie pourquoi les douleurs peuvent persister même en l’absence de lésions visibles importantes.
· Facteurs hormonaux : pourquoi les symptômes varient
L’endométriose est une maladie œstrogéno-dépendante : les lésions réagissent aux variations hormonales du cycle menstruel, ce qui explique le caractère souvent cyclique des symptômes.
Les œstrogènes stimulent la croissance du tissu endométrial, qu’il soit dans l’utérus ou en dehors. Pendant la phase folliculaire du cycle, le taux d’œstrogènes augmente, ce qui peut :
Stimuler les lésions d’endométriose ; augmenter l’inflammation locale ; aggraver les douleurs, surtout au moment des règles.
C’est pourquoi de nombreuses femmes constatent une aggravation de leurs symptômes en période péri-menstruelle.
· Facteurs génétiques et hérédité
L’endométriose a une composante génétique indéniable, mais elle n’est pas purement héréditaire. Les études montrent que le risque de développer une endométriose est multiplié par 5 à 7 si une parente au premier degré (mère, sœur) est atteinte. Cela suggère fortement une transmission génétique, mais ne garantit pas que vous développerez la maladie.
· Facteurs environnementaux
Les facteurs environnementaux font l’objet d’un intérêt croissant dans la recherche sur l’endométriose, mais les données restent encore partielles et parfois contradictoires.
Les perturbateurs endocriniens (les dioxines, les PCB, certains pesticides phtalates, bisphénol A sont suspectés de jouer un rôle.
Comment diagnostique-t-on l’endométriose ?

Les personnes présentant des symptômes peuvent ne pas être au courant de l’existence de cette maladie, tandis que d’autres peuvent être atteintes d’endométriose tout en étant asymptomatiques. Actuellement, le délai de diagnostic moyen est compris entre 4 et 12 ans.
Le diagnostic est essentiellement clinique et étayé par l’imagerie tels que l’échographie ou l’IRM. Il peut être recommandé de recourir à la coelioscopie, qui permet de visualiser directement le tissu endométrial. Des tests visant à détecter l’endométriose à un stade plus précoce sont en train de voir le jour.
La fin de l’errance médicale grâce à la salive ?
L’un des plus grands défis de l’endométriose a toujours été sa détection tardive, souvent liée à la banalisation historique de la douleur menstruelle féminine. En 2026, la donne change.
L’essor de l’Endotest® : ce test salivaire révolutionnaire basé sur le séquençage des micro-ARN et l’intelligence artificielle affiche une précision diagnostique supérieure à 96 %.
Après de premiers essais, ce dispositif est en phase de déploiement à grande échelle et fait l’objet d’un encadrement par l’Assurance Maladie.
Quels sont les traitements de l’endométriose ?
Le traitement de l’endométriose repose sur la prescription de médicaments destinés à bloquer la production d’hormones féminines, et sur la chirurgie visant à enlever les lésions. Il varie selon les organes affectés par les fragments de tissu endométrial présents dans l’abdomen. Il est adapté à chaque cas et peut donc varier considérablement entre les patientes. La prise en charge de l’endométriose doit être faite par des équipes pluridisciplinaires et doit être individualisée en fonction des symptômes et des attentes des patientes.
Dans le but d’améliorer la prise en charge et de réduire le retard de diagnostic, des centres spécialisés de dépistage précoce et de prise en charge pluridisciplinaire de l’endométriose sont expérimentés dans plusieurs centres hospitaliers et pourraient devenir des centres de référence.
Les médicaments contre l’endométriose
Outre les médicaments antalgiques, destinés à soulager les symptômes douloureux, le médecin peut prescrire un traitement hormonal destiné à réduire le taux d’estrogènes dans le sang, afin de bloquer la prolifération et le saignement des lésions d’endométriose.
Lorsque la patiente n’exprime pas de désir de grossesse, le traitement de l’endométriose repose sur un traitement hormonal par contraception œstro-progestative (« pilule » qui sera prise sans arrêt entre les plaquettes) ou par la pose d’un stérilet hormonal délivrant du lévonorgestrel.
La prescription d’AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène ou le kétoprofène) au long cours est à éviter en raison d’effets indésirables importants gastriques et rénaux.
L’acupuncture, l’ostéopathie ou le yoga ont montré une amélioration de la qualité de vie et peuvent être proposés en complément de la prise en charge médicale de l’endométriose.
Lorsque la pilule ou le stérilet hormonal sont insuffisants pour contrôler les symptômes, le médecin peut prescrire des analogues de la GnRH (hormone libératrice des gonadotrophines, des hormones qui stimulent les ovaires). Dans ce cas, ces médicaments sont impérativement être associés à un progestatif et à un œstrogène pour prévenir le risque d’ostéoporose.
• La chirurgie de l’endométriose
Si l’endométriose est sévère et le traitement médicamenteux insuffisant, ou si les lésions entraînent une infertilité ou des conséquences potentiellement graves, il peut être nécessaire d’enlever les kystes et les adhérences provoquées par le tissu endométrial présent dans la cavité abdominale.
Le traitement chirurgical de l’endométriose peut être « conservateur » (lorsque les lésions sont éliminées sans enlever d’organe) ou « total » (lorsque le chirurgien enlève l’utérus et les ovaires). Après une chirurgie conservatrice, des récidives sont possibles en quelques mois ou quelques années, jusqu’à la ménopause.
• Traitements en 2026 : moins invasifs, plus d’efficaces
La révolution des ultrasons focalisés (HIFU) : C’est la grande innovation de cette année 2026, permet de détruire les lésions d’endométriose digestive profonde en quelques minutes via des ultrasons, sans la moindre incision ni cicatrice. Un traitement par ultrasons focalisés, né aux Hospices civils de Lyon, est devenu « une révolution » pour les femmes atteintes de formes sévères. Outre le recours fréquent aux progestatifs continus comme le Diénogest, de nouvelles molécules telles que le Relugolix oraux viennent moduler les récepteurs hormonaux de façon plus supportable, limitant drastiquement les effets secondaires comparables à une ménopause précoce.
La médecine conventionnelle s’associe désormais : la neurostimulation électrique transcutanée (TENS), la kinésithérapie spécialisée et la gestion de l’alimentation anti-inflammatoire.
Peut-on prévenir l’endométriose ?
Certaines femmes semblent davantage à risque de développer une endométriose, parmi ces femmes on retiendra : Celles dont un membre de la famille a souffert de cette maladie ; celles qui ont des cycles menstruels plus courts que la moyenne ; celles qui ont des malformations du col de l’utérus qui gênent l’élimination des règles ; celles ayant un faible IMC.
L’endométriose est une maladie peu évolutive, sans risque d’aggravation du nombre et du volume des lésions. Lorsque le traitement médical est efficace à rétablir la qualité de vie, il n’est pas nécessaire de poursuive les investigations, ni de pratiquer de surveillance par imagerie ou un dépistage d’un éventuel cancer des ovaires.
Sources
– Haute Autorité de santé. Prise en charge de l’endométriose. Site internet : HAS. Saint-Denis
La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 18 juin 2025]
– Haute Autorité de santé. Place des différents examens d’imagerie pour le diagnostic
d’endométriose. Recommandations de bonne pratique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2025 [consulté le 6 juin 2025]
– National Health service (NHS). Endometriosis. Site internet : NHS. Londres ; 2024 [consulté le
18 juin 2025]
– Institut national de la santé et de la recherche médicale. Endométriose. Site internet :
Inserm. Paris ; 2024 [consulté le 18 juin 2025]
– Closon F, et al. : L’endométriose de l’adolescente. Médecine thérapeutique / Médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie. 2013;15(3):228-33
– Ministère du Travail, de la santé, des solidarités et de la famille. Endométriose. Site internet :
Ministère du Travail, de la santé, des solidarités et de la famille. Paris ; 2025 [consulté le 18 juin 2025]

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