Le prolapsus des organes pelviens. Comprendre et agir

Quelques notions simples pour mieux comprendre

Le pelvis, ou « petit bassin » de la femme, contient quatre organes : la vessie en avant, l’utérus et le vagin au milieu, et le rectum en arrière. Le plancher pelvien est un ensemble de muscles et de tissus situés à la base du bassin, comme un “hamac” qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum. Ses fonctions principales sont : soutien des organes pelviens, contrôle de la vessie et des intestins et rôle dans la sexualité et la posture

Le prolapsus des organes pelviens pelvien ou prolapsus génito-urinaire désigne la chute d’un ou de plusieurs de ces organes et est plus connu dans le langage courant sous l’appellation descente d’organes. Ce n’est ni honteux ni irrémédiable — il existe des solutions adaptées.

Les termes utilisés pour qualifier les différentes composantes d’un prolapsus sont les suivants :
Cystocèle : prolapsus de la vessie ;
Hystérocèle : prolapsus de l’utérus dans son ensemble ;
Rectocèle : descente du rectum dans le vagin ;
Elytrocèle : prolapsus de la partie la plus déclive de l’intestin).

La fréquence du prolapsus augmente généralement avec l’âge, et le pic d’incidence se situe chez les femmes post-ménopausées. Après plusieurs accouchements par voie naturelle, le poids de naissance dépassant 4.000 Kg, les activités professionnelles avec déplacements ou port de charges, l’engouement pour le sport représentent l’essentiel des facteurs de risques. Plusieurs autres facteurs notamment l’obésité, le tabagisme, les troubles du tissu conjonctif, des antécédents de chirurgie pelvienne ou un terrain familial, peuvent contribuer au prolapsus.

PROLAPSUS DES ORGANES PELVIENS

QUELQUES SYMPTOMES A RECONNAITRE QUE L’ON PEUT RESSENTIR

  • Sensation de lourdeur ou de pression dans le bas ventre ou le vagin ;
  • Sensation d’une boule ou d’une masse qui « descend » dans le vagin, parfois visible ou palpable ;
  • Troubles urinaires : besoin d’uriner plus souvent, urgence mictionnelle, incontinence ou difficulté à vider la vessie ;

  • Troubles intestinaux : difficulté à aller à la selle ou besoin d’appuyer pour évacuer.
  • Douleurs pendant les rapports sexuels ou baisse du plaisir ;

  • Parfois aucun symptôme, découverte fortuite à l’examen.
PROLAPSUS DES ORGANES PELVIENS

DIAGNOSTIC ET QUI CONSULTER

  • Consulter son médecin généraliste, un gynécologue ou un urologue si :
  • Les symptômes gênent votre quotidien (douleur, incontinence, difficultés sexuelles) ;
  • Remarquez une masse « une boule » qui sort du vagin ;
  • Il y a une modification notable pour vider sa vessie ou troubles du transit ;
  • Un examen clinique permet en général le diagnostic ;
  • Des examens complémentaires : (échographie, IRM, bilan urodynamique) peuvent être demandés selon les cas.

LES DIFFERENTES PRISES EN CHARGE

MESURES CONSERVATRICES

  • Modifications du style de vie : si le prolapsus est peu important, des règles hygiéno diététiques peuvent aider et retarder son aggravation en adoptant certains facteurs.
  • Rééducation périnéale : cela peut inclure des techniques vaginale ou rectale internes ou des techniques externes pour améliorer la fonction du périnée. Exercices périnéaux ou Kegels permettent de renforcer l’action de suport viscéral pelvien en agissant sur la force, l’endurance et la coordination.
  • Autres méthodes de renforcement : les gymnastiques (yoga, Pilates, gym suédoise), recommandées associent toutes les mêmes principes : postures, respiration et périnée.
  • Biofeedback périnéal va permettre de visualiser le travail effectué, de l’anºalyser et de le corriger. Des appareils de dernière génération proposent des sondes et/ou des électrodes, sans fil. Les courbes s’affichent sur l’écran et la rééducation peut être conduite en position debout.
  • Electrostimulation avec sondes endo-cavitaites et plus récemment extra-corporelle sans sonde dite stimulation magnétique.
  • Pessaires vaginaux : ce sont des dispositifs mécaniques (cupules, anneaux ou cubes de soutien vaginal) introduits dans le vagin. Ils ramènent les organes descendus dans leur position normale afin de soulager les symptômes, notamment chez les femmes plus âgées ou souhaitant éviter l’opération).

TRAITEMENT CHIRURGICAL

  • Les indications les plus classiques sont proposées pour : la perception d’une pesanteur permanente, d’une protrusion vaginale, d’une extériorisation avec saignements ou irritations ; douleurs associées.
  • Trois types de techniques : la voie vaginale classique, la voie vaginale associée à des techniques prothétiques, la voie abdominale (promontofixation, cœlioscopie robot assistée).
  • En cas d’incontinence urinaire associée ou masquée, on propose la pose de bandelettes sous urétrales qui sont réalisés dans des établissements de santé répondant à des conditions fixées par arrêté..

En résumé, lorsque la patiente est gênée par ses symptômes très handicapants ou après échec de la rééducation et du port d’un pessaire, la chirurgie est proposée pour traiter le prolapsus génito-urinaire, en l’absence de contre-indications à l’anesthésie et à la chirurgie.

PRÉVENTION – IDÉES REÇUES

  • Parlez en à votre médecin si vous avez des symptômes gênants ;
  • Demander un bilan chez un professionnel de santé spécialisé ;
  • Apprendre et pratiquer des exercices du périnée régulièrement ;
  • Éviter la constipation chronique (alimentation riche en fibres, hydratation) ;
  • Limiter les efforts de port de charges et adopter une bonne technique de soulèvement ;
  • En cas d’activités sportives régulières, demandez à votre gynécologue ou à un kinésithérapeute de vous montrer les techniques de respiration et de préservation du périnée.
  • Maintenir un poids de santé et traiter la toux chronique.
  • Evitez de fumer
  • A la ménopause, consultez votre médecin pour faire le point sur votre santé et vérifier si un traitement est nécessaire.

« C’est normal avec l’âge » : le risque augmente avec l’âge, mais ce n’est pas une fatalité
« On ne peut plus avoir de rapports sexuels » : pas forcément ; beaucoup de femmes retrouvent une vie sexuelle satisfaisante après traitements non invasifs ou chirurgicaux.
« La chirurgie règle tout » : la chirurgie peut être efficace mais comporte des risques et il existe des alternatives non chirurgicales

Après mon deuxième accouchement j’ai senti une lourdeur dans le bas ventre. La
kiné périnéale m’a beaucoup aidée, et le pessaire m’a soulagée quand la rééducation ne suffisait pas. »
A., 38 ans.

J’ai attendu longtemps avant d’en parler, par gêne. La consultation m’a rassurée : on m’a proposé des exercices puis une chirurgie mini‑invasive. Aujourd’hui je me sens mieux.

M., 57 ans.

J’avais des fuites urinaires et des douleurs pendant les rapports. Le médecin m’a expliqué les diverses options (rééducation, pessaire, chirurgie) et on a choisi la moins invasive en premier.

S., 46 ans.

Conclusion

La prise en charge du prolapsus pelvien permet aux femmes de retrouver confort et bien-être. Grâce à des traitements personnalisés allant de la rééducation périnéale à la chirurgie mini-invasive, chaque patiente bénéficie d’une solution adaptée. Les interventions modernes garantissent une récupération rapide et un retour à une vie normale sans gêne.

PROLAPSUS DES ORGANES PELVIENS

Quelques références  

Ameli (Assurance Maladie) — dossier patient « Prolapsus génito‑urinaire » (explications, symptômes, traitements). (ameli.fr)
HAS (Haute Autorité de Santé) — Recommandations « Prolapsus génital de la femme — prise en charge thérapeutique » (synthèse et recommandations). (has-sante.fr)
Bourier A, Marès P, Juras J, Haab F : Le point actuel sur le prolapsus des organes pelviens de la femme. Leading Opinion Gynecologie § Geburtshile ; 2020 ; 4 :16-22.
Leaflets Your Pelvic Floor Le prolapsus des organes pelviens : https://www.yourpelvicfloor.org
Mayo Clinic — Fiche patient « Pelvic organ prolapse » (diagnostic, traitement, conseils pratiques). (mayoclinic.org)
NICE (Royaume‑Uni) — documents guidant l’information aux patients et la prise en charge des troubles pelviens. (nice.org.uk)

Bilan Urodynamique

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